#Opéra : Tannhaüser à Lyon

25/10/2022


Du 11 au 30 octobre 2022, l'opéra de Lyon présente un grand opéra de Richard Wagner, Tannhaüser, avec sur l'affiche de non moins grandes et mystérieuses dunes de sable. Premier rendez-vous « en vrai » avec l'opéra...

Ayant des goûts un peu vieillots en terme de décors et de costumes, je m'attendais à être indisposée par la mise en scène de science-fiction de David Hermann, inspirée des imaginaires de Philip K. Dick et de Ridley Scott. Finalement non, et même au contraire.

Les décors étaient impressionnants, sans prétention et sans snobisme, les costumes en harmonie les uns avec les autres et avec le décors, et, surtout, les lumières étaient parfaitement dosées, nuancées, et belles. Si comme moi vous aimez les chevaliers en armures et les dames en belles robes, vous serez satisfaits, certaines dames étant en belles robes et certains chevaliers en belles robes de chevaliers. Et cette mise en scène avait l'avantage d'offrir de l'espace à quelques fantaisies qui apportaient parfois de discrets éléments comiques, ce qui n'est pas de refus dans les opéras de Wagner, pour « aérer » un peu le drame ambiant. Le seul anachronisme qui m'a dérangée était une mitrailleuse (peut-être une autre tentative humoristique). J'ai en horreur les apparitions d'armes à feu sur les scènes de spectacle ainsi que des tenues militaires modernes, surtout que le texte mentionne ici explicitement une épée. Pourquoi pas à la rigueur un sabre laser ? Bon, c'est un dégoût très personnel. Autre élément dont je me serais bien passée : la projection sur le rideau, pendant le prélude, d'un corps et d'un visage, peu à peu décomposé, de robot... Peut-être plein de sens symbolique, mais horriblement laid ! Respecter la dimension poétique des opéras de Wagner me semble une priorité incontournable.

Les chanteurs ont été ovationnés : Johanni van Oostrum, Stephen Gould, Liang Li, Christoph Pohl, mais la voix qui m'a particulièrement subjuguée était celle de Vénus en personne, c'est-à-dire celle de Irène Robert (pourtant moins ovationnée que les autres), puissante, profonde. Les chœurs étaient d'une beauté totale, notamment le chœur des pèlerins et le chœur final.

Le tout dans la salle moderne du théâtre national de Lyon, avec ses surtitrages latéraux très bienvenus pour les peu argentés du fin fond latéral du Paradis ou de l'arrière-train mural du parterre... Mais surtout, si vous passez par là un jour, admirez les plafonds du bâtiment.

N'en déplaise à ceux qui ont quitté ostensiblement la salle juste à la fin sans daigner applaudir, cet opéra mérite amplement, à mon avis, la réputation qui lui est faite (ce qui est loin d'être évident). Attention, difficile ensuite d'atterrir à la sortie (et les jours suivants), effet qu'on ne connaît malheureusement pas avec un DVD ou une retranscription sur Arte. Surtout, effroyable contraste, à la sortie, avec le métro de minuit...

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Anna-Livia Marchionni 
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