Découverte #8 : Chantal Akerman

08/02/2022

C'est peut-être un peu étrange de faire la découverte d'une cinéaste à partir d'un de ses livres, surtout de celle-ci, parce que Chantal Akerman a largement été adoubée comme étant l'une des grandes cinéastes de notre temps.

Née en Belgique en 1950, elle meurt en 2015, peu après sa mère, en mettant fin à ses jours. Dans Ma mère rit (2013), texte entrecoupé d'images en noir et blanc de différents films, elle raconte sa relation à sa mère alors que celle-ci touche à la fin de son existence. Elle raconte aussi son histoire d'amour, fragile et douloureuse, avec une de ses compagnes, qu'elle finira par fuir par nécessité vitale, après des mois de jalousie mortifère et les violences physiques que celle-ci avait fini par lui faire subir. Elle y parle aussi de ce qui demeure de toujours beau de ses amours passées.

Ma mère rit est un livre court, extrêmement touchant : avec des phrases simples auxquelles la ponctuation particulière donne un ton à la fois monocorde et laconique, Chantal Akerman nous offre des parts d'elle-même avec une authenticité, une sincérité rares, presque enfantines :

« L'enfant était né vieil enfant et du coup, l'enfant n'était jamais devenu adulte. [...] Le vieil enfant se disait que si sa mère disparaissait, il n'aurait plus nulle part où revenir. L'enfant à l'adolescence avait fait les quatre cents coups, puis à l'âge adulte n'importe quoi mais savait qu'il pouvait toujours revenir. [...] L'enfant, c'est elle, c'est moi. Et maintenant je suis vieille, je vais avoir soixante ans. Et même plus. Et j'en suis toujours là. Je n'ai pas d'enfant. Un vieil enfant ne fait pas d'enfant. Qu'est-ce qui va me retenir à la vie après. » (p. 41 de l'édition de 2021)

C'est grâce à un livre que l'on peut parfois faire la rencontre d'une cinéaste, et surtout avoir envie d'en connaître plus.

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